L'aqueduc de la Traconnade


L'aqueduc de la Traconnade a été attribué à tort au général Marius, il a été vraisemblablement construit au 1er siècle de notre ère, à l'époque de l'empereur auguste.

D'une longueur de 45km environ, il a été édifié depuis la fontaine de la Traconnade, établie sur la commune de Jouques à partir du captage de deux sources situées à une altitude de 272m, pour se terminer dans la commune d'Aix-en-Provence. Son gabarit était variable, s'adaptant aux différents terrains traversés, la section la plus étroite de 0.60 mètre de largeur pour une hauteur de 1.90 mètres.
Malgré une dénivellation très faible, le savoir-faire des ingénieurs de l'époque a permis de calculer un tracé parfait pour l'écoulement des eaux. Ainsi, des élargissements de l'édifice limitent les refoulements, l'eau est domestiquée pour une desserte publique de la ville d'Aix.
Le tracé de l'aqueduc fait alterner des sections aériennes, des tranchées de faible profondeur recouvertes d'une voûte de pierre ou des sections creusées en tunnel parfois très profond, comme par exemple pour la traversée des collines entre Meyrargues et Venelles. Les puits d'accès aux tunnels, prévus pour l'entretien de l'édifice, atteignent pour certains une profondeur de plus de 50 mètres.
Sous la restauration, une autre partie de cet aqueduc était encore visible sur le site de la chapelle Saitn Eutrope, à Aix-en-Provence.

Qu'est ce qu'un aqueduc? 
C'est un conduit maçonné, aérien ou souterrain, assurant le transport de l'eau par écoulement gravitaire, d'une source à un lieu d'habitation pouvant se trouver à des kilomètres de distance.
Son édification nécessitait des connaissances  complexes, mises en oeuvre par des architectes et des ingénieurs hydrologues.
Les parties les plus complexes étaient les passages en tunnels, où les ouvriers devaient travailler sans grande visibilité. Pour faciliter la progression, des puits étaient creusés à partir de la surface jusqu'a la profondeur souhaitée de la canalisation. Puis les différents puits étaient reliés entre eux par la création de galeries horizontales, accueillant la canalisation définitive.
La première galerie de pilotage était ouverte par deux équipes d'ourvriers creusant à la rencontre l'une de l'autre. Il reste cependant que les parties les plus spectaculaires des aqueducs dont les parties aériennes avec leurs arches majestueuses.
Les premiers aqueducs ont été construits en 145 avant JC; ils permettaient de raccourcir le trajet de l'eau, en traversant les vallons sans être obligé de suivre les versants.
Les matériaux utilisés pour la construction des aqueducs aériens étaient la pierre, matériel de base travaillé soit en grand appareil avec des blocs parallélépipédiques disposés en assise horizontale sans ciment., soit en petit appareil, avec des matériaux divers liés au mortier de chaux et coulés dans un coffrage de planches.

Les premiers mortiers utilisés, de qualité médiocre, avaient une durée de vie limitée. Aussi, rapidement, les architectes adoptèrent un mélange de type "béton" constitué de chaux et de bouzzolane, centre siliceuse d'origine volcanique, qui servait notamment à revêtir les conduites d'aqueduc.
A la fin de l'empire romain et de sa Pax Romana à la suite des invasions de peuples barbares, les villes se dépeuplent, les besoins en eau diminuent, les aqueducs ne sont plus entretenus et sont progressivement abandonnés. Les pierres composant les parties aériennes sont alors récupérées pour d'autres utilisations

---------------------------------------------- 

Ecouter la visite guidée par Marc Fuhry de l'aqueduc de la traconnade sur la commune de Meyrargues réalisée lors des "journées de l'archéologies" en juin 2014 :

Histoire de Meyrargues

Le premier seigneur de Meyrargues historiquement connu s'appelait Hugues des Baux ; une bulle du Pape le mentionne en 1024. Sa famille régna pendant 235 ans, jusqu'au dixième seigneur du lieu, qui s'appelait aussi Hugues des Baux comme son ancêtre.
En 1295, la seigneurie était cédée à Charles II dit «le boiteux», et connut alors bien des vicissitudes jusqu'en 1348, année sombre entre toutes, où la Provence fut ravagée par la peste noire.
Un nom encore à retenir, celui de Raymond Roger de Beaufort, dix neuvième seigneur de Meyrargues, dont la turbulence et les méfaits constituèrent un véritable fléau non seulement pour la région, mais pour la Provence entière.

En 1442, le roi René, 26ème seigneur, donne Meyrargues à la famille d'Allagonia en récompense de services rendus ; cette lignée s'éteignit 200 ans après, faute de descendants. Meyrargues passe alors aux Valbelle.
Joseph-Louis de Caussiny, baron de Valbelle, fut le 42ème et dernier seigneur. Il fut exécuté en 1794 après comparution devant le tribunal révolutionnaire de Marseille, sous l'accusation d'avoir soutenu la contre-révolution à Lyon.
Sa fille Aïbine obtint en 1801 d'être réintégrée dans les biens de son père. Elle devint par mariage, Madame Félix d'Albertas, le château, ses dépendances et une grande partie des terres passant ainsi à cette grande famille provençale originaire d'Italie.
En 1765, Meyrargues comptait 808 habitants .Le 14 février 1790 eut lieu l'élection du premier maire, l'ancien maître consul, qui se nommait Jean-Louis Ricard. En 1848 naissait à Meyrargues Charles Rouvier, qui devait s'illustrer comme contre-amiral.
Le 6 octobre 1874, c'était la naissance du poète et écrivain provençal Joseph d'Arbaud.
Autres dates marquantes : l'arrivée du premier train PLM en provenance d'Aix, le 31 janvier 1870 ; une foule énorme était venue de tous les environs pour assister à l'événement.
Le 11 juin 1909, deux secousses sismiques ébranlèrent le pays, ne provoquant heureusement que de légers dégâts matériels.
Enfin, c'est en 1913 que le village fut électrifié, mais non les campagnes. Si l'agriculture a toujours constitué l'activité principale de Meyrargues, le village a cependant connu une certaine activité industrielle : une minoteterie, une scierie, deux papeteries, un four à chaux, une corderie, des carrières, une grande usine de conserves alimentaires ...de nos jours, presque tout a disparu.
A noter, pour les gourmets, d'excellents restaurants.
Ce n'est pas encore la ville, et cela ne sera pas, mais c'est déjà un grand village à la progression spectaculaire.
Texte et les cartes postales extraites du livre de Monsieur Francis BRUN : " Meyrargues au temps de nos grands-parents"